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Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 14 oct. 2014, 19:57
par fred0604

La suite, la suite !!!



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 15 oct. 2014, 09:14
par desmorg



Je me permets une aparté, ça m'est déjà  arrivé le coup des phares, avec un gse sur lequel était monté une tête de fourche racing (celle qui font aller plus vite), plus de lumière en pleine campagne, j'ai du attendre qu'une voiture passe presqu'une heure (et pas de portable à  l'époque) et me mettre à  son cul pour rentrer, autant dire que maintenant les trucs d'origines bien gros et bien moche, je les laisse en place :).






Itou sur un GSXF 750 mais j'avais mis une 100 watts , donc code plus appel de phare = fusible grilé , c'était sur l'autoroute donc moindre mal mais quand même .




Top le CR.



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 15 oct. 2014, 22:29
par Brêlabou

La suite ... (on est sur Saverne/Doussard le lundi pour ceux qui ont perdu le fil !)



Je remonte sur la moto et repars.


Mais dès le premier virage, grosse angoisse : si ça recoupe c'est direction les sapins, c'est sûr !


Je roule au ralenti et attends qu'un concurrent me rattrape. Celui qui me rejoint reste dernière moi sagement à  30 km/h. On est pas arrivés à  Doussard... Je m'arrête.


" Passe devant, j'ai les phares qui merdent ! "


" Mon road-book est coincé, je peux pas faire la navigation ".


" Ok, suis moi en plein phares avec tes xénons ! "



Et hop, on repart comme ça, moi suivant le road-book, lui m'éclairant. J'espère qu'il aime l'odeur de l'huile 2T ! Mes phares recommencent à  couper par intermittence, mais seulement les xénons, tout le reste fonctionne. Roule, roule, col, petite route, col, roule.


Soulagement du jour qui commence à  se lever vers 6h30, on roule depuis près de 3 heures et on a même pas fait le quart de la journée ...


Mais en fait, quand on sait qu'on va se faire plus de 800 km de virages, il doit y avoir une sécrétion d'hormone, adrénaline ou je ne sais quoi, toujours est il que la journée passe comme une fleur, la spéciale avant Doussard aussi (mais tracé frustrant si on a pas reconnu, avec plusieurs virages aveugles qui donnent en fait sur des lignes droites, des paquets de secondes qui s'envolent, surtout si on manque de chevaux ...).


Arrivé à  Doussard en fin d'après-midi. Ce n'est que la pause, il reste une boucle de 170 km qui nous fait repasser dans la même spéciale, comme ce sera le cas plusieurs fois lors de cette édition. Une bonne idée sur le papier, mais c'est dur de repartir après avoir retrouvé mon père et Joffrey, bu un coup, refait le plein d'huile et d'essence. La suite rêvée ce serait plutôt une douche et un repas, mais là  il faut remettre ça pour 3 heures de route.


Les liaisons courtes sont les plus tendues, car on a moins de temps pour rattraper son retard si la route est difficile ou si on se perd. Celle qui nous ramène vers la spéciale des Grottes du Diable passe par un col au sud d'Annecy. Je rattrape des gars dans la montée, ça roule groupé, ça se traine un peu, je les passe un par un en faisant ouinner les détentes, c'est puéril mais c'est bon ! Les pneus son chauds, je suis chaud, Aille am le King of ze Montagne !!!!



La case suivante du road book est à  19,4 km, une distance exceptionnellement longue : d'habitude il y a quelques centaines de mètres, parfois quelques km. Je remets à  zéro mon compteur de vélo et je finis la montée du col en mode "Grand Prix". Dans la descente aussi, attaque maxi. Je commence à  me dire que la moyenne est pas évidente à  tenir, que les lambinards que j'ai déposés il y a 20 minutes risquent bien de pointer en retard, et que tout ça est bon pour le classement !



Et soudain, au détour d'un virage, je vois des immeubles à  travers les derniers arbres et un panneau " ANNECY " . Je suis sidéré, c'est impossible qu'on nous fasse passer en pleine ville, il n'y a qu'une possibilité : JE ME SUIS TROMPE DE ROUTE !!!! Sur la case la plus longue de tout le rallye !!!



Il y a 2 minutes je m'imaginais remonter 3ième ou second du classement des Classiques, et là  je sais que quoi qu'il arrive je pointerai en retard au CH de la spéciale et prendrai un wagon de pénalités. SHIT, SHIT, SHIT !!!


J'arrête un motard qui passe en Suzuki Bandit, et je lui demande si il peut me guider jusqu'à  la route de Quintal, le village où j'aurais du arriver au lieu d'enquiller ce maudit col comme un décérébré. Il est d'accord, mais me préviens que ce n'est pas à  coté.


Effectivement, nous traversons Annecy dans les bouchons, puis un bout de 4 voies. Ca dure une éternité. Je retrouve la route du rallye, je ne calcule même pas mon retard, je pense qu'il est au moins de 30 min, plutôt 45, énorme ... J'arrive à  la spéciale, je me traine sans motivation. Le retour est encore pire, la nuit tombe, les phares clignotent toujours. Je décide de rentrer à  Doussard sans m'occuper du road book en restant sur les grandes routes éclairées ou fréquentées ... et je me repaume dans les faubourgs d'Annecy. Un cauchemar...



Je finis échoué dans la montagne à  une trentaine de km de l'arrivée, complètement perdu et surtout démoralisé. J'appelle Joffrey et lui demande de venir avec sa voiture pour m'éclairer et me guider jusqu'à  l'arrivée. J'ai décidé d'abandonner.


En attendant Joffrey, je décide d'appeler Boubou, mon copain d'enfance (le "Réchoub" de ce forum !). Il me dit qu'il envoie des posts sur le forum, que j'ai aucune raison d'abandonner, qu'il reste encore plein de jours de course pour me refaire, bref, tout ce que je voulais entendre ! Je lui promets de repartir demain.


Joffrey arrive et me drive jusqu'au CH de fin de journée. Je ne pense plus à  rien, je suis vidé. A l'arrivée, les commissaires sont en train de replier leur tente, l'horloge et l'imprimante sont déjà  rangés dans le coffre de leur voiture. Je tends mon carton de pointage à  l'un d'entre eux, qui me reconnait et murmure un truc qui ressemble à  " T'inquiète pas " ...



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 15 oct. 2014, 23:16
par JERONIMAL

Quelle plume ! Vraiment bien !


Me tarde la suite...



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 16 oct. 2014, 12:01
par Brêlabou

On file directement au resto où toute l'équipe est en train de terminer son repas.


Une assiette arrive devant moi, je me jette dessus et dévore à  m'en étouffer. Un coup d'eau et je leur raconte mes mésaventures, comment je suis passé directement de "Premier du Moto-GP du Col de la Mort " à  "Paumé dans les bouchons de la grande ville " ! J'arrive à  les faire rigoler, du coup je rigole aussi un peu ...



MARDI - Doussard-Langeac, 550km



Encore 10 heures de bécane à  se taper aujourd'hui. Je suis plus trop motivé après l'enfer de la journée d'hier. Ce soir, quand les pénalités de la veille seront tombées, je vais me retrouver en toute fin de classement, peut être même dernier ...


L'itinéraire se charge de me remonter le moral. David, le "pisteur" du Moto-Tour, a fait un super boulot : passer des Alpes au Massif-Central (Langeac est entre Le Puy et Brioude) sans passer dans la moindre ville, en restant toujours sur des routes splendides, bravo ! La moyenne se tient sans trop de difficultés, mais c'est quand même pas le Rallye-Saucisson des Vieux Pétarots, ça roule fort hein !



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 20 oct. 2014, 21:58
par Brêlabou

Durant cette liaison Doussard/Langeac, je commence à  entendre un bruit : c'est une espèce de frottement irrégulier, un peu comme le bruit que font des feuilles mortes coincées dans un garde-boue de vélo ! C'est suffisamment fort pour que je l'entende jusqu'à  80 km/h. Ca ne vient pas du moteur car ça le fait toujours après avoir débrayé et coupé le contact en roulant.


Chaine détendue qui frotte sur le bras oscillant ? Gravier coincé dans un étrier de frein ? Roulement de roue HS ? Si c'est un roulement je suis mal , je n'en ai pas de rechange...


Soudain, en approchant d'un stop, j'entends un bruit suraigu, un couinement de souris qu'on écrase. Je m'arrête net et regarde tout ce que je peux : la chaine est ok, je ne vois rien dans les étriers, les roues ne semblent pas avoir de jeu et quand je pousse la moto je n'entends rien de spécial. Je repars ... plus un bruit.


Je sais, j'ai l'explication ! Ca devait être un mulot coincé dans le carter d'allumage, il a du bouffer les fils du stator (ce qui explique les ratatouillis à  haut régime) et là  il vient de se faire centrifuger par le rotor ! Bien fait !



Trois spéciales aujourd'hui. La première ce matin, La Muraz, 60 km après le départ de Doussard, ne m'a pas laissé un super souvenir : route détrempée, chaussées ravagée et surtout très forte pente dès le départ ( " Allo... les chevaux ?! ").


Pas mieux dans les deux passages de la spéciale Vialle d'Estours, là  aussi de très fortes pentes (montées mais aussi descente), de toutes façons je n'ai plus trop l'esprit à  la compétition, je n'ai pas encore digéré mon escapade dans Annecy de la veille. Par contre je retrouve avec plaisir le Réchoub venu me soutenir et s'assurer que mon moral tient bon !



Le soir, ripaille extraordinaire au resto "Chez Tante Sophie " à  Langeac, avec Jean-Charles, Morgan (l'autre pilote ZZ-Rider) et nos 4 anges-gardiens d'assistance : pour 12 euros, on a droit à  de la charcuterie (divers saucissons délicieux, à  trancher soi-même), une salade géante, puis arrive du chou farci (je suis pas fan du choux ... mais j'en reprends deux fois tellement c'est bon) et à  la place du dessert attendu ... des côtes de veau et des pommes de terre ! Là  on commence à  faiblir. Heureusement, le vin râpeux à  souhait nous aide, et puis sans lui on aurait frôlé la perfection ! J'en bois un verre et je raconte n'importe quoi pendant une heure, ce truc là  je suis sûr que c'est interdit à  la vente. Ensuite on a le fromage (c'est à  dire un plateau géant de fromages géants) puis une part de gâteau maison (comme le reste), et on pars vite se coucher.



Jean-Charles qui dort dans la tente des "solos" (logés par l'orga dans une grande tente montée chaque soir dans le parc concurrents) nous envoie comme chaque soir par SMS nos heures de départ du lendemain qui sont affichées au parc. Elles sont fonction du classement général. En fait je n'ai pris que 2 min30 de pénalités hier : il n'y a que 5s de pénalité par min de retard (ou d'avance pour les distraits ou les nuls en calcul !), au lieu de 15s ces dernières années, et même une minute par minute de retard lors des premières éditions.


Les 2min30 c'est pour la demi-heure de retard que j'ai pris dans les bouchons d'Annecy, apparemment mon piteux retour au parc le soir est passé à  l'as ! C'est pas juste mais ça remonte le moral !



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 25 oct. 2014, 22:31
par Brêlabou

MERCREDI - Langeac/ Brive, 343km



Je repars ce matin ragaillardi par les nouvelles de la veille : ma chute au classement n'est pas si catastrophique (je suis 135ième scratch et 6ième Classique).


En plus, il ne fait plus juste "bon", il fait carrément CHAUD, à  tel point que j'arrive au CH de la première spéciale du jour prêt à  exploser dans mon sous-vêtement technique de ski + pull en polaire + blouson !


La spéciale de Villeneuve est plutôt rapide, mais pour une fois pas trop de virages aveugles. Par contre j'aurais bien besoin de 10 ou 15 chevaux siouplé m'sieur !


On traverse ensuite un coin magnifique, le plateau du Cézallier : une toundra sibérienne à  perte de vue, avec juste le goudron qui ondule façon "Route 66 ", et des vaches préhistoriques qui regardent passer les motos. D'ailleurs les veaux préhistoriques n'aiment pas les pots détente, ils paniquent et détalent à  toutes pattes dès qu'ils entendent la LC !


Bon, c'était trop bien pour durer, le bruit de frottement irrégulier réapparait. Je recommence à  croire que le rallye va s'arrêter là , au milieu de nulle part.


Je ne sais toujours pas d'où ça vient mais j'imagine des roulements de roue explosés qui bloquent net la moto, des arbres de boite en travers... J'essaye, comme hier, d'identifier l'origine du bruit mais rien de net, c'est irrégulier et ça vient du "milieu" de la moto.


Je m'arrête et appelle Joffrey : je lui demande de passer au concessionnaire Yam de Brives et d'acheter tous les roulements de rouede ma moto, au cas où. Je lui demande aussi de prévenir les jeunes du lycée de Montpellier qui assurent l'assistance Mutuelle des Motards que je vais passer les voir après l'arrivée.


Juste avant Brive, j'arrive à  la spéciale de Marsal. En attendant mon départ, je papote avec un ancien en 500 T-Max, très intéressé par ma moto : c'est Jean-Paul Boinet, pilote de Grands-Prix dans les années 70. Il se retrouve en milieu de classement car il a planté son scooter dans le goudron du premier virage de la première spéciale du rallye.


A l'arrivée à  Brives, notre emplacement au parc est bondé : ma mère et des cousins sont venus nous faire un petit coucou pour la première fois sur un rallye. On leur raconte notre début de semaine, mais je reste concentré car on n'a qu'une heure avant de repartir vers la spéciale et le temps passe trop vite : pleins d'essence et d'huile 2 temps, Coca et barre de céréales, un coup de brillant sur la moto pour aller plus vite, et c'est reparti à  nouveau pour une courte boucle vers la spéciale toute proche.


De retour vers 16h00, c'est l jour où on peut profiter un peu de la ville-étape... et bricoler. Joffrey m'a dégotté les roulements chez un fournisseur industriel, indiqué par Yam qui ne les avait pas. Efficace l'Assistance !


Direction le stand de la Mutuelle des Motards : le jeune mécano écoute mes explications, puis vérifie tout sur la moto : il commence par démonter le carter coté sortie de boite et allumage (lui aussi doit soupçonner le coup du mulot, comme quoi je ne dis pas que des conneries !), puis vérifie soigneusement les deux roues, la chaîne et les freins. Rien d'anormal, l'origine de mon maudit bruit reste inconnue.



JEUDI - Brive/Albi, 365km



C'est reparti ! Rien de notable jusqu'à  ce que, en me penchant à  gauche à  la recherche de l'origine du bruit, je vois que le petit boitier qui contient la poulie de commande des valves YPVS est en train de se détacher du cylindre !


Arrêt en catastrophe devant un petit cimetière et bricolage express : je sors la trousse de la sacoche de selle, je dévisse le couvercle, retire la poulie et découvre qu'une des deux vis de fixation est tombée dans le carter et que l'autre est déjà  à  moitié dévissée. Je remets la première en place, mais j'ai l'impression que le pas est abimé, je ne serre pas trop. Je revisse la seconde bien à  fond, ça a l'air de tenir. Remontage de la poulie et du couvercle, je rajoute un collier plastique autour de l'ensemble, range les outils et repars.


J'ai laissé un petit quart d'heure dans l'affaire, et suis obligé de cravacher pour reconstituer l'avance de 10/15 min sur la moyenne que j'essaie de garder pour être serein. Heureusement, je ne perdrai pas de temps à  faire le plein à  la pompe aujourd'hui car il n'y en avait pas sur le road-book, et c'est Joffrey qui m'attends avec les jerrycans. Plein d'essence, un coup sur la visière, un Dark-Dog (berck !) et une barre de céréales.


Je repars regonflé à  bloc : dans un droite assez rapide que je passe bien déhanché à  l'intérieur, je sens au point de corde les hautes herbes chatouiller mon genou ! Je chante "Aille biliv aille can fly, aille biliv aille can touch ze grass ! ! ").


Après les 2 spéciales du soir (bof, RAS), je rejoins le parc concurrents installé sur le circuit d'Albi. La fatigue commence à  se faire sentir et je ne suis pas fâché que l'épreuve de nuit sur le circuit ait été annulée.


Resto et dodo, demain la liaison vers Alès s'annonce particulièrement corsée.



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 26 oct. 2014, 16:50
par fane

Quel bonheur de te lire...on s'y croirait.

Merci, et vivement la suite.



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 26 oct. 2014, 22:02
par Brêlabou

VENDREDI - Albi/Alès, 316km



Cette étape est la plus courte du rallye, mais je la redoute depuis j'ai tracé l'itinéraire sur cartes à  partir des road-books.


En effet, il n'y a aucun répit, aucun tronçon roulant où on peut "se refaire" si on a pris du retard. Que des routes blanches sur la carte Michelin régionale, les plus étroites et les plus viroleuses. Seule exception : un col en pointillé rouge et blanc, la légende de la carte indique "Parcours dangereux" , gloups !


Pour les ravitaillements, il y a bien une station en milieu de parcours, mais nous avons décidé lors de la préparation de refaire le plein au bord de la route comme la veille, pour ne pas risquer de perdre du temps à  la pompe.



Le départ se fait du centre-ville d'Albi, avec le soleil levant sur les murs ocres des bâtiments, magnifique.


Ca commence fort puisque la première liaison jusqu'à  la base-chrono de Teillet est très courte et hyper-accidentée : j'arrive avec à  peine 2 minutes d'avance !


La base-chrono est un tronçon sur route ouverte où on doit tenir très précisément les 55 km/h de moyenne. Départ toutes les 30s comme en spéciale, mais là  il faut tenir compte des autres véhicules sur la route, et de la navigation au road-book pour les changements de direction. La cellule de chronométrage de fin de base est cachée, on sait qu'on l'a dépassée lorsqu'on arrive en vue du point-stop avec les commissaires. Tout écart par rapport aux 55 km/h est pénalisé de 0,1s par seconde d'avance ou de retard. Cette base-ci ressemble plus à  un terrain de cross qu'à  une route : c'est humide, il y a de la terre et des feuilles partout, et des virages tous les 20 m. Donc pour 55 km/h, c'est FULL GAZ, et ça risque de ne pas suffire. A fond dès le départ, je surveille mon compteur de vélo qui me donne la moyenne, tout en gardant un Å“il sur le road-book et le troisième sur la route ! Je tiens la moyenne mais le temps passe, et au bout de 6 ou 7 km je commence à  trouver ça long et à  me poser des questions sur l'itinéraire. Je rends un peu la main, la moyenne chute ... et j'arrive sur la tente des commissaires ! GRR ! , dommage, j'étais nickel et mon hésitation de la fin m'a fait prendre un peu de retard.



Allez, c'est parti pour 150 km environ jusqu'au rendez-vous-essence avec Joffrey en bord de route.


Comme prévu ça tourne sans arrêt et les changements de direction sont nombreux, mais j'arrive à  me constituer une petite avance de 10 min environ. On passe à  coté de Roquefort (le parcours évite les grandes agglomérations !), puis on traverse le parc régional des Grands Causses, non loin du fameux camp militaire du Larzac. C'est beau, c'est grand, c'est le pays des brebis !


Je retrouve Joffrey à  l'endroit prévu : il est arrivé en avance en cravachant sa BM, sur des routes à  peine meilleures que les miennes : super ! On fait le plein au jerrycan, je mange un morceau, et c'est reparti.


Mon avance a fondu durant le ravitaillement mais je ne me fais pas trop de soucis, la route vers Le Vigan est plutôt roulante par rapport à  ce que j'ai subi avant. Un groupe de furieux me dépasse en pleine attaque, dont la magnifique 250 TDR et ... un Scooter Suzuki Burgman. Pas trop envie d'arsouiller, je les laisse filer... J'ai tort...



Re: RDLC au Moto-Tour

Publié : 28 oct. 2014, 18:10
par Brêlabou

En effet, juste le temps de saluer mon père qui fait une pause au bord de la route (les assistances aussi se cognent une traversée Albi/Alès plutôt difficile), et je me retrouve à  zigzaguer en seconde et troisième, 30 km/h dans les virages, maxi 80/90 dans les rares bouts droits.


Je dirais pas que je lambine, mais je profite des odeurs du sud, du soleil, des routes sympas (bien que cassantes). En liaison la moto est agréable à  rouler, je tire les régimes entre 6500 et 8500 t/min, ça tractte bien, le bruit est sympa, il y a souvent des gars qui restent derrière moi pour profiter de la bande-son et de l'odeur, ça leur rappelle leur jeunesse en 125 RDX ou DTR !



A environ 1h00 de l'arrivée à  Alès, je commets une erreur sur une case du road-book qui indique une fourche à  prendre vers la gauche : j'enquille une petite montée défoncée, qui se transforme vite en chemin. Deux concurrents me suivent. On s'inquiète pas trop, David le "pisteur" du rallye nous fait souvent des blagues (chemins, gués ...).


Sauf qu'après quelques minutes de grimpette, ça ne correspond plus trop aux cases du road-book. Les deux autres hésitent. Je fais demi-tour dans la caillasse et redescends. Effectivement, la "fourche" était 300m plus loin, pas grave...


Roule roule. Je profite d'une case du road-book à  220 km tout rond depuis le départ pour calculer mon avance : je devrais être à  04h00 maxi au chrono (55km/h de moyenne pour 220 km) et je suis à  ... OH PUREE, 04H15 !!! J'ai un quart d'heure de retard ! A rattraper en 100 km !



Cerveau en mode "Spéciale ", 2 rapports tombés, oeil bio-ionique sur le road-book, le cul qui redevient mobile sur la selle, changement de rythme garçon, si tu veux pointer à  l'heure ! Ca n'empêche pas des trajectoires très propres : dans les gauches par exemple je reste complètement à  l'extérieur pour pouvoir pencher sans empiéter sur la voie d'en face. Ca permet de croiser voitures ou tracteurs en plein milieu de virage sans presque avoir à  corriger la traj'. A jouer avec le pilotage "circuit" sur la route, plus d'un, y compris des tout-bons, se sont retrouvés sur le capot d'une voiture !


Je grignote petit à  petit mon retard, mais reste à  traverser le Centre-ville d'Alès pour rejoindre au nord le Pôle Mécanique.


Je rentre dans la ville 10 min avant mon heure de pointage. Premier feu, rouge. Au moins 30 s de perdues ... Vert ! Je me faufile entre les voitures, j'ai été parisien, ça aide ! Second feu rouge. Ce coup ci c'est foutu...



Je connais bien Alès, le Moto-Tour y passe chaque année et c'est mon 8ième ! Je dois longer la rivière (plusieurs feux), prendre un pont à  droite pour la traverser et reprendre à  gauche (feu...) direction Mende. Là  ça sera dégagé, un petit kilomètre avec un rond-point au milieu et je serai au circuit. Pour le moment je suis coincé derrière une Twingo et il me reste 5 min. J'arrive au pont. Le feu est rouge. 4 min. toujours rouge. Pas de circulation... coup d'Å“il à  gauche... coup d'oeil à  droite ...


(passage supprimé à  la demande de la Prévention-Routière)


... après le pont et gaz ! Reste 3 min. CA PEUT LE FAIRE !


Le rond point plein angle. WIIIIIIIIINNNNNN le bout droit. Entrée du circuit. Il y a des piétons, des voiture et des fourgons partout. Heureusement j'ai noté sur ma sacoche-réservoir mon heure de pointage (16h-16min-00s) et les instructions affichées au parc la veille : " Pour le CH d'arrivée, passer sous le tunnel à  gauche de la tour de contrôle".


Je déboule au pied de la tour, je donne des grands coups de gaz et de klaxon en gueulant " POUSSEVOUCHUIALABOUR !!! " , tout le monde s'écarte, je passe dans le tunnel et débouche dans la voie des stands devant la tente du CH, je cherche l'horloge des yeux ... 16:15:27 : j'ai 33 secondes d'avance !